Prior, vraisemblance, posterior: la machine à apprendre
Dans le module Naive Bayes, le théorème de Bayes servait à classifier une observation. L'inférence bayésienne l'utilise pour quelque chose de plus général: mettre à jour une croyance sur un paramètre inconnu $\theta$ (un taux de conversion, un coefficient, une moyenne...) à mesure que les données arrivent.
Le théorème de Bayes version inférence:
$$P(\theta \mid \text{données}) = \frac{P(\text{données} \mid \theta) \cdot P(\theta)}{P(\text{données})}$$
Chaque terme à un nom et un rôle:
- $P(\theta)$ = prior: ce que l'on croit sur $\theta$ AVANT de voir les données (connaissance métier, études passées, ou ignorance assumée)
- $P(\text{données} \mid \theta)$ = vraisemblance: à quel point les données observées sont plausibles pour chaque valeur possible de $\theta$
- $P(\theta \mid \text{données})$ = posterior: la croyance mise à jour, le résultat de l'inférence
- $P(\text{données})$ = evidence: une constante de normalisation (elle ne dépend pas de $\theta$)
La différence fondamentale avec l'approche classique:
| Approche | Le paramètre $\theta$ est... | Résultat de l'estimation |
|---|---|---|
| Fréquentiste (modules 1 à 16) | une valeur fixe inconnue | un nombre (estimation ponctuelle) |
| Bayésienne | une variable aléatoire | une distribution entière |
Au lieu de dire "le taux de conversion est 8.5%", on dira "le taux de conversion suit cette distribution, centrée sur 8.5%, avec 95% de chances d'être entre 6% et 12%". Toute l'incertitude est conservée et exploitable pour la décision.